Le conseil exécutif de l’ASSÉ démissionne, est destitué symboliquement

Durant le plus récent congrès de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), le conseil exécutif a démissionné et, par la suite, a été destitué symboliquement. Cela résulte d’un texte de réflexion signé par le conseil exécutif qui suggère que la présente mobilisation devrait être remise à l’automne («un repli stratégique») car «[p]résentement, la possibilité de grève dans le mouvement syndical se dessine bel et bien. Elle pourrait être envisageable dès l’automne. Ainsi, une fenêtre historique s’ouvre à nous pour faire grève conjointement avec les syndiqués-es de la fonction publique.» Donc, «[i]l y a là tout intérêt à faire des négociations du secteur public une lutte politique et de joindre les mouvements étudiants et syndicaux».

D’abord, jusqu’à son congrès annuel à la fin du mois d’avril, un comité de transition assurera le fonctionnement de l’ASSÉ.

C’est quand même assez intéressant de voir que l’ancien conseil exécutif de l’organisation étudiante considérée la plus “radicale” suggérerait de coopérer avec les syndicats, car ces derniers s’allient normalement avec la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Par exemple, durant le Sommet sur l’enseignement supérieur, ces dernières ont participé activement aux côtés des grandes centrales syndicales. Pour sa part, l’ASSÉ a décidé de boycotter le sommet, car elle estimait que le Parti Québécois (PQ), nouvellement élu avec un gouvernement minoritaire, ne prendrait pas au sérieux la proposition de la gratuité scolaire. Plusieurs militants et militantes de l’ASSÉ ont plutôt manifesté à l’extérieur des lieux du sommet. Lorsque la CLASSE a appelé pour le déclenchement d’une «grève sociale» en 2012, plusieurs chefs syndicaux se sont distancés du mouvement étudiant. La FTQ à même cautionné les membres des syndicats au Canada anglais de le consulter avant de participer aux manifestations organisées par les associations étudiantes. Et si les syndicats ont dénoncé la loi 12 (projet de loi 78), aussitôt qu’elle a été adoptée par l’Assemblée nationale, contrairement à la CLASSE, ils n’ont pas incité leurs membres à désobéir la loi.

Revenons en 2015 : cette fois-ci, les chefs des grandes centrales syndicales ont catégoriquement exclu la grève illégale. La grogne chez plusieurs associations étudiantes en réponse à la proposition du conseil exécutif de l’ASSÉ n’est donc pas particulièrement surprenante. Par conte, ce qui surprend est le fait que cette transition forcée arrive en pleine mobilisation. Ce qui est clair est que l’organisation démontre qu’elle pratique ce qu’elle prêche : la démocratie directe.

Dawson College students to vote on Canadian Federation of Students membership

DSU CFS referendum notice

Following a recent settlements between the Canadian Federation of Students (CFS) (and its entities1) and the Concordia Student Union (CSU) and the Graduate Students’ Association of Concordia University (GSA), the Dawson Student Union (DSU) is the last Québec student union who holds membership status in the CFS. However, the Federation may no longer be able to claim that it is a national student organisation as the DSU will be holding a referendum on continued membership in the Canadian Federation of Students (CFS). The CFS chief returning officer, Stephen Littley, recently published the referendum notice which will be held from April 13th to 15th, 2015. 

Consult the DSU CFS referendum rules here

Once again, Mr. Littley has banned the use of “3rd party media, opinion, dialogue, report, blog, or any other source that can not be governed and sanctioned by these Rules.” This is clearly a ridiculous rule that attempts to block out all the negative press that the Federation has received in the past. Coincidentally, as recently as a couple week ago, the Federation’s national office was forced to respond to “allegations of internal corruption and union-busting.” I received the email, which was sent on February 12, 2015 from an anonymous email address. However, due to the fact that we were unable to confirm the allegations, we chose not to publish the email. The letter was then published on February 26, 2015 at cfsunderattackalreadyexists.wordpress.com

The “Yes” and “No” committees have begun publishing their websites, Facebook and Twitter pages, etc. so keep your eyes peeled. 

1. The Canadian Federation of Students has a services organisation, the Canadian Federation of Students-Services (CFS-S) which dispenses the organisation’s services. When students vote to join the CFS, they automatically become members of the CFS-S. 

Québec student movement reorganizes

In the middle of Printemps 2015, a student strike opposing the Couillard’s government austerity measures and the planned TransCanada oil pipeline, the Québec student movement is in the process of reorganizing itself.

Since 2001, student politics in Québec has generally been organized around two different wings: a radical wing, represented by the Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), and a more moderate wing, represented by the Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) and the Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ). Over the past several years, however, many student associations have held referenda to disaffiliate from FEUQ and FECQ, citing a lack of internal democracy and transparency within the organizations.

On March 28, 2015, the Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM), representing 40,000 students at the Université de Montréal, voted to disaffiliate from the FEUQ. According to its press release, the FAECUM, at a congress of its 83 campus student association members, unanimously decided to disaffiliate from the FEUQ “and to participate in the creation of a new national [Québec] university student organization.” Through this act of disaffiliation, the FEUQ instantly lost one third of its members.

Prior to the vote, FAÉCUM’s executive committee released a seven page report on the FEUQ, which cited the disaffiliation of several members in recent years and claimed that the organization was ineffective in achieving its goals. “In our opinion,” the report concluded, “it is important to focus on the objective of a national [Québec] student association to counter the Québec government’s disengagement in education. It is important to bring student associations together on principles that are more consensual, more transparent, and more flexible. The FEUQ is no longer in a position to respond to the aspirations of its members and is no longer politically effective.”

In response, Mouvement étudiant .info, a Facebook page coming from the “radical” wing of the Québec student movement, said: “Don’t be fooled, the FAÉCUM left the FEUQ because it no longer served as a vehicle for its ascendancy within the the Québec student movement. The new organization that FAÉCUM is trying to establish is merely FEUQ 2.0 with a new look, so that FAÉCUM can continue to pull the strings behind the student movement.. The problem is not the FEUQ as such, but the quasi-imperial attitude of the FAÉCUM, which has operated for years as though the student movement revolved around itself. It is the FAÉCUM that must disappear.”

Meanwhile, four regional student associations (from Rimouski, Trois-Rivières, Sherbrooke, and Saguenay) have released a press release announcing their intention to create a national student organization of their own, to be based on five core principles:

  • “local sovereignty
  • the ability to be understood by all and for all
  • the capacity to form a political common front
  • the primacy of profile [political visibility?] over numbers
  • ease of affiliation and of disaffiliation”

The press release quotes Mathieu Roy, president of MAGE-UQTR, as citing “the predominance of Montreal associations within the existing national associations” as reason for this initiative.

La grève étudiante au Québec est déclenchée

Plusieurs milliers d’étudiants et d’étudiantes au Québec ont entamé la grève lundi dernier, le 23 mars 2015. Il y a quasiment exactement trois ans, soit le 22 mars 2012, la première manifestation massive du soulèvement étudiant a eu lieu. Plus de 100 000 manifestants et manifestantes ont marché dans les rues de Montréal. En comparaison avec la grève étudiante de 2012, qui a mené à la défaite du gouvernement libéral de Jean Charest en septembre 2012, celle-ci débute plus d’un mois plus tard.

Cette fois-ci, le mouvement étudiant (mobilisé principalement par l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ)) se mobilise contre l’austérité imposé par le gouvernement libéral majoritaire sous Philippe Couillard. Ce dernier tente de contrôler les dépenses gouvernementales afin d’arriver au déficit zéro.

Le numéro exact d’étudiants qui boycottent déjà leurs cours n’est pas connu mais le site web printemps2015.org semble avoir les données les plus récentes.

Il est intéressant de noter que la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) s’est prononcé sur la question de la grève durant son dernier congrès. Selon le titre d’un communiqué de presse publié plus tôt cette semaine, la FECQ «soutient les luttes mais ne lance pas d’appel à la grève général». Et pour sa part, la Fédération Étudiante Universitaire du Québec (FEUQ) tente elle aussi de rester pertinente en publiant une lettre ouverte, signée par une vingtaine d’association étudiante représentant 200 000 membres, réclamant «un meilleur financement des Fonds de recherche du Québec».

Allons-nous voir un autre soulèvement d’ampleur ce printemps?